Votre employeur vous demande de travailler un jour férié ou un dimanche en 2026. Avant d’accepter ou de refuser, encore faut-il savoir ce que le Code du travail prévoit réellement. Car entre le 1er mai, les dix autres jours fériés et le repos dominical, les règles ne sont pas les mêmes.
Jour férié chômé ou travaillé : ce que votre convention collective change vraiment
La confusion la plus fréquente concerne le caractère chômé d’un jour férié. Beaucoup de salariés pensent que les onze fêtes légales sont automatiquement des jours de repos. En réalité, seul le 1er mai est obligatoirement chômé par la loi.
A lire aussi : Maximiser vos chances de succès en démarchant des pharmacies par email !
Pour les dix autres jours fériés, c’est votre convention collective ou un accord d’entreprise qui tranche. Un accord peut rendre tous les fériés chômés, ou seulement certains d’entre eux. Sans accord, l’employeur décide seul.
Conséquence directe : deux salariés du même immeuble de bureaux, dans deux entreprises différentes, n’auront pas forcément les mêmes jours de repos. L’un travaillera le 14 juillet, l’autre non, simplement parce que leurs conventions diffèrent.
A lire en complément : Optimiser sa productivité au travail grâce à une formation efficace en bureautique
Vous avez déjà remarqué un écart sur votre fiche de paie un mois de mai ? C’est souvent lié à cette distinction. Vérifiez votre convention collective avant de supposer qu’un jour férié est automatiquement chômé.

Rémunération du 1er mai 2026 : le seul jour férié vraiment protégé
Le 1er mai bénéficie d’un régime à part, inscrit aux articles L.3133-4 et suivants du Code du travail. Si vous ne travaillez pas ce jour-là, votre salaire est maintenu sans condition d’ancienneté.
Si votre employeur vous fait travailler le 1er mai (ce qui n’est possible que dans les établissements qui ne peuvent pas interrompre leur activité), la règle est claire : votre salaire de cette journée est doublé. Ce n’est pas une majoration négociable, c’est la loi.
Fériés ordinaires travaillés : pas de doublement automatique
Pour les autres fériés (8 mai, 14 juillet, 11 novembre, etc.), la situation est moins protectrice. Le Code du travail ne prévoit aucune majoration obligatoire pour un jour férié ordinaire travaillé.
La majoration dépend uniquement de ce que prévoient votre convention collective ou votre accord d’entreprise. Depuis 2024-2025, plusieurs grandes branches (commerce de détail alimentaire, hôtels-cafés-restaurants, grande distribution) ont renégocié des accords prévoyant des majorations systématiques. Si vous êtes couvert par l’un de ces accords récents, vous bénéficiez de conditions plus favorables que le minimum légal.
En revanche, un salarié non couvert par un accord de branche récent peut travailler un jour férié sans aucune majoration. L’écart entre salariés couverts et non couverts se creuse.
Travail le dimanche en 2026 : repos dominical et dérogations
Le repos hebdomadaire est donné le dimanche. C’est le principe posé par l’article L.3132-3 du Code du travail. Faire travailler un salarié plus de six jours par semaine est interdit.
Les dérogations existent, mais elles sont encadrées. Elles se répartissent en trois grandes catégories :
- Les dérogations permanentes de droit, qui concernent des secteurs dont l’activité ne peut pas s’interrompre : hôpitaux, transports, hôtels-restaurants, spectacles, industries en continu. Aucune autorisation particulière n’est requise.
- Les dérogations accordées par le préfet ou le maire, notamment dans les zones touristiques internationales ou les zones commerciales. Le salarié doit être volontaire et donner son accord par écrit.
- Les dérogations pour les commerces de détail alimentaire, qui peuvent ouvrir le dimanche matin jusqu’à 13 heures sans autorisation spéciale.
Dans les entreprises de services fonctionnant en continu (centres d’appels, logistique, livraison), le travail le dimanche tend à se banaliser avec des plannings en rotation sept jours sur sept. Le repos compensateur est alors décalé sur un autre jour de la semaine.
Majoration pour le travail dominical
Le Code du travail ne fixe pas de majoration légale générale pour le travail du dimanche. Là encore, c’est la convention collective qui détermine le montant. Certaines branches prévoient une majoration de salaire, d’autres un repos compensateur, d’autres rien du tout.
Pour les commerces de détail alimentaire ouverts le dimanche matin, la majoration est prévue par le Code du travail (article L.3132-13). Pour les zones touristiques et commerciales avec dérogation préfectorale ou municipale, l’accord collectif ou la décision unilatérale de l’employeur doit prévoir des contreparties.

Calendrier des jours fériés 2026 : les dates qui tombent bien
En 2026, le calendrier offre plusieurs combinaisons intéressantes pour poser des congés. Voici les onze fêtes légales :
- Jeudi 1er janvier (Jour de l’An), jeudi 14 mai (Ascension) : un seul jour de congé posé le vendredi donne un week-end de quatre jours.
- Vendredi 1er mai (Fête du travail), vendredi 8 mai (Victoire 1945), vendredi 25 décembre (Noël) : trois week-ends de trois jours sans poser de congé.
- Lundi 6 avril (Pâques) et lundi 25 mai (Pentecôte) : même avantage, week-end prolongé automatique.
- Mardi 14 juillet (Fête nationale) : poser le lundi 13 crée un pont de quatre jours.
- Samedi 15 août (Assomption) et dimanche 1er novembre (Toussaint) tombent un week-end, sans jour de repos supplémentaire sauf disposition conventionnelle.
Attention au lundi de Pentecôte : dans beaucoup d’entreprises, il sert de journée de solidarité. Les modalités sont fixées par accord d’entreprise ou de branche. Si aucun accord ne le précise, l’employeur choisit la date. Renseignez-vous dès maintenant auprès de votre service RH.
Alsace-Moselle et outre-mer : des règles locales à connaître
Les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle bénéficient de deux jours fériés supplémentaires : le Vendredi saint (3 avril 2026) et la Saint-Étienne (26 décembre 2026). Ces jours sont chômés de droit dans ces départements.
Dans les départements et régions d’outre-mer, un jour férié supplémentaire commémore l’abolition de l’esclavage, à une date différente selon le territoire. À Mayotte, des fêtes religieuses locales s’ajoutent au calendrier métropolitain. Certaines entreprises ultramarines concentrent leurs plannings sur les dimanches et jours fériés métropolitains pour limiter les surcoûts liés aux majorations locales.
Le détail de vos droits dépend toujours du croisement entre la loi, votre convention collective et les accords en vigueur dans votre entreprise. Consultez votre bulletin de paie et votre accord d’entreprise : ce sont les deux documents qui reflètent réellement ce qui s’applique à votre situation.

