11 instituts de formation accueillent chaque année les futurs psychomotriciens en France. Paris compte deux écoles, suivies par Vichy, Marseille, Toulouse, Loos, Alençon, Lyon, Rouen, Les Mureaux et La Garde. Sur l’île de la Réunion, un IFP existe également, auxquels s’ajoutent trois autres accessibles après une PACES à Orléans, Mulhouse ou Bordeaux. Le paysage de la psychomotricité s’est structuré, mais reste sélectif.
Ce témoignage s’inscrit dans le cadre d’un partenariat avec l’ANEP, pour faire la lumière sur les études et instituts de formation en psychomotricité.
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Vous envisagez la psychomotricité ? Une mise en relation gratuite avec un étudiant est possible via Objectif Entraide :
Un dispositif de solidarité étudiante pensé pour faciliter le dialogue et l’entraide entre pairs.
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Pourquoi choisir la psychomotricité ?
Avant d’envisager ce métier, j’avais d’abord pensé à la kinésithérapie. Pourtant, l’approche thérapeutique et relationnelle de la psychomotricité a résonné beaucoup plus fort en moi. Ici, le corps et le psychisme avancent de concert : une souffrance physique peut souvent masquer une difficulté psychique, et inversement. Cette vision globale du soin bouscule la tendance à séparer esprit et corps, un regard neuf, qui redonne du sens à la prise en charge.
Ce qui m’attire dans ce métier ? Impossible de s’installer dans une routine : chaque patient, chaque histoire, chaque accompagnement diffère, même si les diagnostics se ressemblent parfois. La singularité de chacun impose de s’adapter sans cesse.
Travailler sur l’expression des émotions, voilà le cœur du métier. On croise tous des personnes dont l’humeur se lit sur le visage ou la posture : voilà l’influence du psychique sur le corps. Pour agir, on mobilise une palette d’outils : jeux sonores, travail sur la motricité globale ou fine, perception du corps dans l’espace ou le temps…
Cette diversité structure l’observation clinique, affinée par des bilans, puis traduite en projets thérapeutiques sur mesure. L’accompagnement est véritablement unique, chaque psychomotricien développe une pratique qui lui ressemble.
Il faut être lucide : le quotidien confronte à la souffrance, au handicap, parfois à la mort, que ce soit auprès d’enfants, d’adolescents, d’adultes ou de personnes âgées.
Certains privilégient la relaxation (sous toutes ses formes, y compris l’hydrothérapie ou la balnéothérapie), d’autres les médiations dynamiques comme les arts martiaux, la danse, ou encore les approches créatives (art-thérapie, musicothérapie, théâtre…).
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À qui s’adresse la formation en psychomotricité ?
Quiconque se sent motivé peut postuler. Un baccalauréat scientifique facilite l’entrée, car la préparation s’appuie sur les programmes de SVT de terminale et première, mais certaines classes prépa offrent un appui en biologie pour des profils venus d’autres horizons.
On ressort grandi de ces études : c’est une profession qui ne lasse jamais, où l’on avance sans cesse et où l’apprentissage dure toute une vie.
Le psychomotricien intervient auprès de publics très variés :
- Les bébés : prématurité, difficultés à la naissance, troubles sensoriels, maladies… L’accompagnement vise à soutenir l’intégration motrice et socio-psychologique.
- Les enfants : troubles d’apprentissage, hyperactivité, retard de développement, handicap… L’enjeu ? Favoriser l’expression et la communication, leviers du développement de l’enfant.
- Les adolescents : troubles alimentaires, difficultés relationnelles, troubles du comportement, dépression… L’objectif : accompagner la traversée de l’adolescence et ses bouleversements.
- Les femmes enceintes : gestion du stress, préparation à la naissance, adaptation aux changements corporels de la grossesse.
- Les adultes : stress, anxiété, dépression, troubles post-traumatiques, troubles de la personnalité, addictions… Il s’agit d’aider à surmonter la fatigue psychocorporelle, à retrouver un équilibre.
- Les personnes âgées : retour à domicile après hospitalisation, perte d’autonomie, troubles neurologiques, démences… Le psychomotricien accompagne le vieillissement et le maintien de l’autonomie.
La réalité du métier, c’est donc d’intervenir partout, auprès de tous les âges, dans des contextes très différents.
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Quels sont les épreuves et contenus des études de psychomotricité ?
L’accès aux IFP se fait via deux épreuves écrites de deux heures chacune :
- Biologie : le programme suit les enseignements de première et terminale S (composition de la matière vivante, génétique, évolution, endocrinologie, système nerveux, reproduction, immunologie, biologie cellulaire). Selon l’école, on retrouve QCM, restitution de connaissances ou synthèse de documents.
- Français : il s’agit d’un résumé de texte, parfois complété par des exercices de vocabulaire (définition, synonymes…)
Attention : dès l’année prochaine, le modèle du concours pourrait évoluer. Les modalités précises n’ont pas été annoncées ; il faudra surveiller les spécificités de chaque institut lors de l’inscription sur Parcoursup.
Le cursus IFP se déroule en trois années :
- Première année : santé publique, pathologie, pharmacologie, pédagogie, anatomie, neuroanatomie, psychologie, psychiatrie, théorie et pratique psychomotrice. L’accent porte sur le développement de l’enfant. 80 heures de stage sont prévues.
- Deuxième année : anatomie, physiologie, pédiatrie, psychologie, psychiatrie, pratique psychomotrice, études de cas. L’année est marquée par l’apprentissage du bilan et la transmission de celui-ci. Le stage s’étend à 200 heures.
- Troisième année : anatomie, législation, psychiatrie, psychologie, modules cliniques et pratiques. Cette dernière année est centrée sur la conduite de projet et le suivi thérapeutique, avec 400 heures de stage, une épreuve de mise en situation professionnelle et la soutenance d’un mémoire.
Ce parcours m’a permis d’apprendre à me remettre en question, à affiner mon sens de l’observation, à gagner en assurance et à mieux cerner mes propres limites.
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Ce qui captive ? Ce qui déçoit ?
La psychiatrie, la psychologie et la pratique psychomotrice figurent parmi les enseignements qui m’ont le plus passionnée. Le terme « psychomotricien » dit tout : il faut trouver un équilibre entre l’approche psychologique et la rééducation motrice. En réalité, chaque professionnel se positionne entre ces deux pôles. Personnellement, j’ai une appétence marquée pour l’accompagnement thérapeutique.
Les travaux dirigés incluent de nombreuses médiations, variant selon les écoles et leurs options. À Rouen, par exemple, j’ai découvert la batterie, l’art-thérapie, le théâtre, le cirque, la danse (africaine, indienne, contemporaine), la balnéothérapie, l’équithérapie, différentes méthodes de relaxation (Schultz, Jacobson, Soubiran, Wintrebert)… Cette diversité m’a permis de tester des médiations inédites, inaccessibles en dehors de la formation.
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Comment s’organise une semaine type ?
L’emploi du temps varie selon les périodes de stage. Lors des stages longs, les semaines sont allégées (10 jours de stage la première année, le jeudi ; 20 jours la deuxième année, le vendredi ; 52 jours la troisième année, le lundi et le mardi). Les TD sont répartis pour éviter la surcharge. Le cadre d’apprentissage est propice à la progression.
Des difficultés particulières rencontrées ?
La neuroanatomie et l’anatomie pure ont été des points d’achoppement pour moi. Ce sont des disciplines qui exigent un travail de mémorisation intense, alors que j’ai une préférence pour les matières qui s’appuient sur la réflexion et l’analyse.
Qu’apporte concrètement la formation ?
La psychomotricité fait grandir sur le plan professionnel, mais aussi personnel. Peu de formations offrent une telle plongée dans la connaissance de soi. On découvre la diversité des troubles rencontrés, l’élaboration des bilans, la construction de projets thérapeutiques, mais aussi ses propres ressources, sa capacité à gérer l’imprévu et à adapter sa posture en situation réelle.
Un projet professionnel déjà défini ?
Pour l’instant, mon projet reste ouvert. Je n’ai pas arrêté mon choix quant au public avec lequel je travaillerai. Tout dépendra des opportunités qui se présenteront au moment de l’obtention du diplôme.
Quels débouchés après la formation ?
Le diplôme d’État de psychomotricien permet d’exercer avec un niveau bac +2 (la classe prépa n’est pas comptabilisée). L’ANEP continue de militer pour l’obtention d’une reconnaissance à bac +5, via la création d’un master. Ce combat reste d’actualité pour valoriser pleinement la profession.
Quels conseils à ceux qui veulent se lancer ?
La réalité du métier est exigeante. On côtoie le handicap, la souffrance, parfois la mort. Il ne s’agit pas de guérir tous les patients ni d’espérer des résultats spectaculaires à chaque accompagnement. Souvent, il s’agit de préserver les acquis, d’aider à franchir de petits obstacles. Il faut apprendre à se satisfaire de progrès modestes, à célébrer chaque avancée, aussi minime soit-elle.
Cette frustration ou ce sentiment d’impuissance peut peser. La patience s’impose comme une qualité centrale, tout comme la capacité à faire preuve de créativité, à s’adapter, à fixer des limites pour se protéger et préserver la relation thérapeutique.
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Quels stages pendant la formation ?
Première année : stages d’observation en crèche et maternelle, puis immersion en Foyer de Vie et Maison d’Accueil Spécialisée (structures pour adultes handicapés).
Deuxième année : stage en service de soins de suite gériatriques, accompagnement de personnes âgées en court séjour après chirurgie ou infection, et stage de 15 jours en psychiatrie adulte (unité des troubles alimentaires). S’ajoute un stage long à l’Institut Médico-Éducatif auprès d’enfants présentant des déficiences intellectuelles.
Troisième année : stage en EHPAD auprès de personnes âgées dépendantes, puis stage long à l’IME Pro, destiné à de jeunes adultes en situation de handicap mental. À travers ces expériences, j’ai pu découvrir la diversité des établissements, même si ce n’est qu’un aperçu des champs d’intervention possibles.
Recommanderiez-vous cette filière ?
Absolument. Ce cursus apporte une vraie satisfaction. La psychomotricité, c’est un métier où l’on ne s’ennuie jamais, où la curiosité est continuellement sollicitée. J’y ai développé un sens aigu de l’observation, de la confiance en moi et une meilleure compréhension de mes propres réactions.
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Envie de poursuivre après le diplôme ?
Si une formation en musicothérapie se présente, je fonce. La musique me passionne, et l’idée de l’intégrer à ma pratique serait une véritable valeur ajoutée. Les passerelles existent : psychologie, éthologie, sociologie à l’université, ou encore des masters recherche. Les possibilités d’évolution sont multiples.
Le dernier mot ?
Le fait d’être une petite vingtaine par promotion favorise une vraie cohésion dans la classe. À Rouen, la vie étudiante est animée, portée par de nombreux événements organisés par les BDE. Cela permet de tisser des liens, de croiser des étudiants venus d’autres filières, et d’élargir ses horizons à chaque occasion.

