Un diplôme affiché fièrement sur un CV n’a pas toujours la valeur qu’on imagine. Entre formations post-bac et mastodontes universitaires, la reconnaissance officielle ne coule jamais de source. L’offre de cursus a explosé, les disparités se creusent, et derrière une appellation flatteuse peut parfois se cacher un parchemin sans réelle portée. Pour séparer le solide du flou, certains repères objectifs s’imposent : seule une poignée de critères formels permet d’affirmer qu’un diplôme est vraiment reconnu.
Comment s’y retrouver selon l’école ?
Face à la diversité des formations, il faut apprendre à lire entre les lignes et savoir à quoi se référer :
- Master,
- visa de l’État,
- appellations comme CGE, RNCP, MS, MSc, MBA, FEDE pour mesurer la portée exacte du diplôme.
Le diplôme de Master
Dans les universités, les Instituts d’Études Politiques (IEP) ou les écoles délivrant le titre d’ingénieur, le diplôme de Master est attribué d’office. Pas d’ambiguïté ici : ces établissements délivrent un vrai diplôme reconnu. Pour ces filières, le doute n’a pas sa place.
Du côté des écoles de commerce, la donne change. Certaines décrochent aussi cette habilitation pour une durée de 1 à 6 ans, renouvelable. Pour elles, c’est un véritable gage de sérieux et d’exigence. À la clé, le Master facilite l’accès à des opportunités à l’international. Obtenir ce label signifie aussi que l’école est sous le radar de l’État (pour le détail, voir la section sur le diplôme visé).
Seules les écoles de commerce dont le diplôme est enregistré sur le site du CEFDG bénéficient de cette reconnaissance. Attention à ne pas confondre « diplôme de Master » et « niveau master » : dans ce dernier cas, l’école propose un cursus de 5 ans, mais sans validation spécifique, ni garantie officielle. Aujourd’hui, à peine plus d’une cinquantaine d’écoles de commerce disposent de ce sésame.
Le visa de l’État
Le visa de l’État marque une étape capitale : il atteste que la formation a été passée au crible par les pouvoirs publics, qui valident sa qualité et ses équivalences. Avec un diplôme visé, l’accès à un master universitaire après un bac+3 se fait sans accroc. Ce n’est pas garanti pour un diplôme non visé. Il faut donc examiner la cible du visa : un bac+5 peut parfois n’être visé qu’au niveau bac+3 ou bac+4, pas forcément à bac+5. Ce visa reste un premier filtre indispensable, notamment pour le bac+3.
Dans les écoles de commerce, le visa de l’État constitue une marque de confiance pour les cursus bac+5. Mais, en matière de reconnaissance, le diplôme de Master surclasse ce label. Pour vérifier ces agréments, le site du CEFDG reste la référence incontournable.
Conférence des Grandes Écoles (CGE) : le label des grandes écoles
Les établissements membres de la CGE remplissent tous les critères évoqués plus haut. Ces écoles affichent une rigueur reconnue et un niveau d’excellence constant. Les cursus de Master y sont proposés dans ce cadre sélectif. Aujourd’hui, une quarantaine d’écoles bénéficient de ce label CGE.
MS et MSc : des diplômes spécialisés
Le Master Spécialisé (MS) est délivré exclusivement par les écoles membres de la Conférence des Grandes Écoles. Il s’agit d’un diplôme à forte valeur ajoutée, même s’il ne fait pas l’objet d’une reconnaissance directe par l’État. Le MSc (Master of Science) fonctionne sur des bases similaires, avec une orientation plus internationale : les cours sont généralement dispensés en anglais, et l’ouverture sur l’étranger est marquée. Sur le marché de l’emploi, ces deux diplômes bénéficient d’une bonne réputation auprès des recruteurs.
Le titre inscrit au RNCP
Ce titre n’est pas délivré par le ministère de l’Éducation nationale, mais par des instances professionnelles. Il est plus accessible pour les écoles, mais moins valorisé qu’un diplôme de Master. Cela ne signifie pas que la formation est de mauvaise qualité. Exemple : le bac+5 en ressources humaines de l’IGS, inscrit de niveau I au RNCP, jouit d’une reconnaissance solide dans la profession. La majorité des formations en alternance, par exemple, sont adossées à un titre RNCP.
On distingue cinq niveaux :
- Niveau V : BP/CAP
- Niveau IV : Bac pro
- Niveau III : Bac+2
- Niveau II : Bac+3/4
- Niveau I : Bac+5
Le diplôme européen FEDE
Le diplôme européen, contrairement à ce que son intitulé laisse entendre, n’ouvre pas systématiquement de portes dans toute l’Europe. Sa reconnaissance reste limitée. Il convient donc de rester vigilant face à ce type de proposition : les employeurs connaissent rarement les écoles préparant à ce diplôme, et la valeur réelle du document peut s’avérer faible.
Les signaux à examiner de près
Quand une école vous garantit l’admission contre un chèque de 1 500 €, il y a matière à se méfier. Dans la plupart des cas, ces établissements sont des machines à vendre des formations, bien loin de la pédagogie exigeante attendue par les étudiants.
Autre cas de figure : une école sérieuse sur certains diplômes, mais qui propose en parallèle des cursus plus accessibles ou moins sélectifs. Il faut alors s’interroger : si l’on vous oriente soudainement vers une autre formation, il y a probablement anguille sous roche. Ne pas hésiter à décortiquer le niveau réel du cursus pour éviter un choix hasardeux.
Dans le labyrinthe de l’orientation scolaire et professionnelle, choisir la bonne formation peut se révéler aussi délicat que de cibler le bon métier. Face au doute, il ne faut pas rester seul : échanger avec un coach en orientation, comme ceux de C&C, peut apporter un éclairage précieux et éviter les pièges.
Restez attentif, ne vous laissez pas impressionner par les intitulés ronflants, et vérifiez toujours la reconnaissance réelle de votre diplôme avant de vous lancer. Le vrai diplôme, c’est celui qui ouvre des portes, pas seulement celui qui brille sur le papier.

